Nos ex-futurs-possibles-on ne sait plus alliés EELV organisent ce jeudi soir à Fontenay un débat sur la "sortie du nucléaire", débat qui devrait être polémique puisque sont présents un courageux "représentant du lobby nucléaire" (membre de la Société Française de l'Energie Nucléaire) et un farouche opposant (ce qui du être plus facile à trouver) et auquel j'ai été gentiment invité.
Je rappellerai le moment venu ma position. Sortir du nucléaire en tant que tel n'est pas un dogme. Il faut faire ce que les allemands ont fait depuis 1997: sortir pour aller ailleurs. Et cet ailleurs ce serait la tentative en France de mettre enfin massivement en place des énergies renouvelables, solaire, éolien mais aussi vu le potentiel français la biomasse énergie si riche en emplois (au passage les propos du PDG d'EDF dans le Parisien sont scandaleux), tant pour "tester la faisabilité" (même si les expériences allemandes, irlandaise, portugaises, espagnoles laissent peu de doute sur ce sujet) que pour provoquer un "choc keynésien" dont nous aurons bien besoin l'année prochaine.
David Dornbusch
En route vers la victoire en 2012
Votre candidat socialiste avec François Hollande aux législatives de Fontenay sous Bois,Saint Mandé et Vincennes des 10 et 17 juin 2012
jeudi 10 novembre 2011
mardi 8 novembre 2011
Réaction au dernier plan d'austérité de François Fillon,
Je reproduis une interview donnée à l'hebdomadaire l'Usine Nouvelle sur les conséquences industrielles du plan Fillon.
L'Usine Nouvelle - Ces mesures fiscales sont elles indispensables à la filière des énergies renouvelables en France ?
David Dornbusch - Les incitations fiscales sont nécessaires, même si paradoxalement leur montant n'a pas vraiment d'importance. Ce qui compte, c'est le tampon de l'Etat, qui est déclencheur d'achat pour les particuliers. Ce label est fondamental.
Les entreprises du secteur sont elles encore fragiles?
Oui, par exemple le solaire souffre depuis des mois, alors que les tarifs n'ont pas changé. La soudaine mauvaise image des panneaux solaires (Ndlr : quand le gouvernement avait gelé les principaux projets, fin 2010) a été catastrophique. Certains installateurs sont passés d'un état de surcharge à l'inactivité.
La conjoncture économique défavorable pourrait-elle être un frein aux investissements dans le domaine ?
Étonnamment, les messages des pouvoirs publics sont apparemment plus importants que la conjoncture. L'argent n'a pas disparu, l'investir dans les technologies propres n'est pas plus risqué que dans un autre domaine.
Quelle serait la politique la plus efficace selon vous ?
Pour que la filière s'installe durablement, il faudrait que le gouvernement ne change rien pendant cinq ans, et qu'il le fasse savoir. Mais c'est un rêve absolu. Aujourd'hui, plus personne ne sait en entrant dans un projet où il en sera fiscalement quelques mois plus tard."
"Le dernier plan d'austérité de François
Fillon, présenté le 7 novembre, prévoit une réduction des incitations
fiscales pour les particuliers qui investissent dans les énergies
renouvelables.
L'Usine Nouvelle - Ces mesures fiscales sont elles indispensables à la filière des énergies renouvelables en France ?
David Dornbusch - Les incitations fiscales sont nécessaires, même si paradoxalement leur montant n'a pas vraiment d'importance. Ce qui compte, c'est le tampon de l'Etat, qui est déclencheur d'achat pour les particuliers. Ce label est fondamental.
Les entreprises du secteur sont elles encore fragiles?
Oui, par exemple le solaire souffre depuis des mois, alors que les tarifs n'ont pas changé. La soudaine mauvaise image des panneaux solaires (Ndlr : quand le gouvernement avait gelé les principaux projets, fin 2010) a été catastrophique. Certains installateurs sont passés d'un état de surcharge à l'inactivité.
La conjoncture économique défavorable pourrait-elle être un frein aux investissements dans le domaine ?
Étonnamment, les messages des pouvoirs publics sont apparemment plus importants que la conjoncture. L'argent n'a pas disparu, l'investir dans les technologies propres n'est pas plus risqué que dans un autre domaine.
Quelle serait la politique la plus efficace selon vous ?
Pour que la filière s'installe durablement, il faudrait que le gouvernement ne change rien pendant cinq ans, et qu'il le fasse savoir. Mais c'est un rêve absolu. Aujourd'hui, plus personne ne sait en entrant dans un projet où il en sera fiscalement quelques mois plus tard."
dimanche 6 novembre 2011
La Droite Populaire face à la crise
De retour des déplacements dans 2 "émirats" pétroliers la Norvège et le Canada, protégés de la crise par leur rente pétrolière, me voici plongé dans l'ambiance française où malheureusement la crise rode et menace d'être pire qu'en 2008-2009.
Nul doute que ce sera le problème auquel sera confronté en priorité le président élu en 2012. Pour ma part, si je n'ai pas les ressources pour analyser tous les aspects de la crise je prône depuis un moment une relance keynésienne qui s’appuierait sur un "grand programme de petits travaux dans les énergies renouvelables " avec la fermeture de 5 centrales nucléaires compensées immédiatement par la pose de milliers d'éoliennes et de millions de panneaux solaires.
Mais j'ai eu également la curiosité d'aller voir ce que nous proposait l'idéologue, le maitre à penser de la Droite Populaire, le député UMP de la circonscription Beaudouin; supprimer les indemnités chômages des immigrés ? sortir de l'euro ? ma curiosité était grande.
Je n'ai pas été tellement déçu: on notera tout d'abord que le mot euro n'apparait qu'une fois dans les quelques centaines de lignes des "12 propositions de la droite populaire" et ce dans une expression dont la force avait jusque là échappé aux plus grands dirigeants européens: "Un euro dépensé doit être un euro utile"
A part cette force pensée, on retrouve l'habituelle dialectique, on va essayer de prendre aux riches mais en tout cas les pauvres on les loupera pas "La lutte contre la dette et les déficits publics exige une prise de conscience de tous les Français et l’engagement des efforts à tous les niveaux, nationaux comme locaux. Il s’agit de lutter strictement contre les profiteurs du bas (cf. fraudes aux prestations sociales), et les profiteurs du haut (parachutes dorés,…)."
Enfin on ne manquera pas de reconnaitre la patte du co-auteur du "Livre noir de l'Intercommunalité", le député Beaudouin dans cette proposition pour réduire la dette dont la logique n'échappera à personne: "adopter un moratoire d’un an pour la mise en application du volet « intercommunalités » de la réforme des collectivités territoriales". Fort étrange logique quand pourtant les maitres à penser de la droite européenne eux même Fillon et Berlusconi poussent à la roue de l'intercommunalité pour économiser les dépenses locales.
Analyses à suivre
David Dornbusch
En route vers la victoire en 2012
Nul doute que ce sera le problème auquel sera confronté en priorité le président élu en 2012. Pour ma part, si je n'ai pas les ressources pour analyser tous les aspects de la crise je prône depuis un moment une relance keynésienne qui s’appuierait sur un "grand programme de petits travaux dans les énergies renouvelables " avec la fermeture de 5 centrales nucléaires compensées immédiatement par la pose de milliers d'éoliennes et de millions de panneaux solaires.
Mais j'ai eu également la curiosité d'aller voir ce que nous proposait l'idéologue, le maitre à penser de la Droite Populaire, le député UMP de la circonscription Beaudouin; supprimer les indemnités chômages des immigrés ? sortir de l'euro ? ma curiosité était grande.
Je n'ai pas été tellement déçu: on notera tout d'abord que le mot euro n'apparait qu'une fois dans les quelques centaines de lignes des "12 propositions de la droite populaire" et ce dans une expression dont la force avait jusque là échappé aux plus grands dirigeants européens: "Un euro dépensé doit être un euro utile"
A part cette force pensée, on retrouve l'habituelle dialectique, on va essayer de prendre aux riches mais en tout cas les pauvres on les loupera pas "La lutte contre la dette et les déficits publics exige une prise de conscience de tous les Français et l’engagement des efforts à tous les niveaux, nationaux comme locaux. Il s’agit de lutter strictement contre les profiteurs du bas (cf. fraudes aux prestations sociales), et les profiteurs du haut (parachutes dorés,…)."
Enfin on ne manquera pas de reconnaitre la patte du co-auteur du "Livre noir de l'Intercommunalité", le député Beaudouin dans cette proposition pour réduire la dette dont la logique n'échappera à personne: "adopter un moratoire d’un an pour la mise en application du volet « intercommunalités » de la réforme des collectivités territoriales". Fort étrange logique quand pourtant les maitres à penser de la droite européenne eux même Fillon et Berlusconi poussent à la roue de l'intercommunalité pour économiser les dépenses locales.
Analyses à suivre
David Dornbusch
En route vers la victoire en 2012
samedi 5 novembre 2011
Retrouvons nous à Auchan autour de "77 étoiles"
Je serai heureux de vous retrouver a partir de 12h30 ce samedi 5 novembre (et jusque tard..) à la librairie du centre commercial Auchan de Val de Fontenay pour la première séance de signature de "77 étoiles"
Je suis particulièrement heureux que cette signature se déroule à Auchan, dernière librairie "à l'Est de Fontenay" et au coeur des quartiers populaires
A tout à l'heure donc
David Dornbusch
En route vers la victoire en 2012
Je suis particulièrement heureux que cette signature se déroule à Auchan, dernière librairie "à l'Est de Fontenay" et au coeur des quartiers populaires
A tout à l'heure donc
David Dornbusch
En route vers la victoire en 2012
mercredi 2 novembre 2011
Avec les camarades du PS de Montreal
A l'occasion d'un déplacement au Canada, les camarades de la section socialiste de Montréal m'ont fait l'honneur de me recevoir pour un débat sur les perspectives du PS et mes propositions. Malgré le décalage horaire, les échanges furent animés dans les superbes locaux qui accueillent le PS montréalais.
Ce fut également l'occasion de découvrir la combativité de Franck Scemama le secrétaire de section et des socialistes locaux qui veulent imposer un député socialiste sur la nouvelle circonscription "français de l'étranger - Amerique du Nord" découpée sur mesure pourtant par l'UMP. Je serai de tout cœur - et de toute raison - avec la candidate désignée Corinne Narassiguin pour que nous rentrions ensemble au Parlement le 17 juin prochain
David Dornbusch
En route vers la victoire en 2012
Ce fut également l'occasion de découvrir la combativité de Franck Scemama le secrétaire de section et des socialistes locaux qui veulent imposer un député socialiste sur la nouvelle circonscription "français de l'étranger - Amerique du Nord" découpée sur mesure pourtant par l'UMP. Je serai de tout cœur - et de toute raison - avec la candidate désignée Corinne Narassiguin pour que nous rentrions ensemble au Parlement le 17 juin prochain
David Dornbusch
En route vers la victoire en 2012
Plus que jamais avec Charlie Hebdo
Voici déjà 4 ans j'avais déjà soutenu inconditionnellement Charlie Hebdo lorsque l'hebdomadaire avait été attaqué lors de l'affaire dites "des caricatures de Mahomet".
A l'heure ou ce journal a subi l'attaque qu'on sait il est de notre responsabilité de le soutenir plus que jamais, y compris matériellement
David Dornbusch
En route vers la victoire en 2012
A l'heure ou ce journal a subi l'attaque qu'on sait il est de notre responsabilité de le soutenir plus que jamais, y compris matériellement
David Dornbusch
En route vers la victoire en 2012
mardi 1 novembre 2011
Sortir de l'arme nucléaire
Un de mes anciens patrons, le général d'aviation Bernard Norlain, 5 étoiles, de glorieux état de services et 4 années au cabinet des premiers ministres Chirac et Rocard publie dans Le Monde une tribune à laquelle nous devons réflechir dans cette époque ou nous savons que les idées reçus doivent être rebatues.
Les questions de défense ont encore été peu abordées dans cette campagne, elles doivent être intégrées par les socialistes, sans complexe.
De plus, est-ce l'arme nucléaire qui peut préserver et garantir
notre statut de grande puissance ? Ne sommes-nous pas confrontés à de
nouveaux défis qui réclament des réponses nouvelles, alors que notre
réponse est une crispation sur un dogme, celui de la dissuasion, "garantie ultime de la sécurité et de l'indépendance nationale"
? Pas un discours officiel qui ne commence par une génuflexion devant
l'autel de la dissuasion en ajoutant l'inévitable mantra : "On ne peut
pas désinventer le nucléaire." Mais l'autel est vide et l'on continue à dépenser des milliards alors que nos armées ont d'urgents besoins. Ce n'est plus de la stratégie mais de la théologie.
Deux études américaines récentes réalisées par des instituts indépendants ont chiffré le coût des armements nucléaires dans le monde. Selon ces études, les neuf pays nucléaires dépenseront dans les dix prochaines années 1 000 milliards de dollars (714,8 milliards d'euros) pour leurs armements nucléaires. Les Etats-Unis dépensent de 34 à 61 milliards de dollars par an, la France de 4,7 à 6 milliards de dollars suivant que l'on considère les coûts directs ou indirects. Le chiffre français officiel est de 3,5 milliards par an. De plus, ces études ne prennent pas en compte toutes les dépenses de renouvellement des armements. Comment va-t-on financer les dizaines de milliards d'euros nécessaires ?
Certes, on ne peut que saluer l'excellence technologique et industrielle à laquelle la France est parvenue, seule, et qui nous donne une place dominante dans le nucléaire et dans les secteurs industriels connexes. Certes, nous devons saluer l'efficacité, le dévouement, le courage des équipages de sous-marins nucléaires lance-engins et de bombardiers stratégiques. Mais on ne doit pas se laisser prendre au piège dans un système qui se referme sur lui-même face au monde extérieur.
Enfin, cette arme est devenue trop dangereuse pour la planète. Dangereuse, elle l'a toujours été, mais dans un monde partagé en deux blocs où deux joueurs se sont affrontés de façon plutôt rationnelle. L'efficacité de ce système a été fondée sur un petit nombre d'acteurs. Mais, dans un monde ouvert où l'apparition de nouveaux acteurs stratégiques rend les règles du jeu plus complexes et fugaces, l'arme nucléaire, après avoir joué un rôle de stabilité, devient une source d'instabilité destructrice pour la planète.
Dangereuse, elle peut l'être par accident, comme l'ont montré plusieurs cas de déclenchement de tirs par erreur dans le passé ; par un attentat terroriste, compte tenu de la dissémination de matériaux sensibles et de la diffusion de technologies rustiques ; par la prolifération. Si la prolifération a été lente puisqu'on est passé de cinq pays dotés à neuf pays nucléaires, l'apparition de nouveaux acteurs, si l'on ne fait rien, conduira, pour des raisons de sécurité, ces pays à se doter d'un armement nucléaire au titre du pouvoir égalisateur de l'atome.
Il y a donc un danger à voir l'arme nucléaire se répandre et on ne peut exclure qu'elle tombe entre les mains d'acteurs non pas irrationnels mais obéissant à leur propre rationalité. Le danger est non seulement celui de la prolifération, mais il est aussi lié à la banalisation de l'arme et cela est vrai dans le cas de la France. En effet, la doctrine, ou plutôt le dogme de la dissuasion française, a été et reste encore celui du non-emploi du nucléaire. Pour répondre à la nouvelle situation stratégique, la doctrine est ainsi passée de la dissuasion "du faible au fort" à celle "du fort au faible ou au fou". Or, comme le dit le politologue Pierre Hassner, la notion de dissuasion du fort au faible conduit à une logique d'emploi et même d'emploi en premier.
Personne ne peut dire alors quelle serait la réaction en chaîne provoquée par l'utilisation de l'arme nucléaire. Compte tenu du nombre d'armes accumulées et de leur dispersion, c'est la perspective de la destruction partielle ou totale de la planète. Pour ces raisons, il n'y a pas d'autre solution que d'éliminer ces armes. Toutes les négociations sur la diminution, sur le déploiement et la mise en alerte de ces armes sont nécessaires, mais elles ne seront effectives que dans la perspective d'un objectif d'élimination complète. Après tout, cela ne serait que la mise en oeuvre de l'article VI du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires.
La France est opposée à cet objectif. Elle est de ce fait isolée dans le contexte international et européen. De plus, cette crispation stérilise la pensée stratégique française. A l'abri d'une nouvelle ligne Maginot, le fameux consensus français fait de l'arme l'horizon indépassable de notre sécurité. Au moment où doit s'engager une réflexion sur notre système de sécurité, il est temps d'ouvrir le débat en acceptant de ne plus avoir de tabous et en particulier que l'arme nucléaire n'est plus l'alpha et l'oméga de notre sécurité et que notre assurance-vie peut devenir notre assurance-décès.
En 1986, le sommet soviéto-américain de Reykjavik entre Mikhaïl Gorbatchev et Ronald Reagan aboutit au traité de Washington sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI), qui a pour but d'éliminer à l'échelle mondiale ce type de missiles.
par Bernard Norlain, général de l'armée de l'air, 2e section
| 28.10.11
Les questions de défense ont encore été peu abordées dans cette campagne, elles doivent être intégrées par les socialistes, sans complexe.
L'arme nucléaire est inutile et coûteuse
Les 11 et 12 octobre 1986, au sommet de Reykjavik, les présidents Ronald Reagan et Mikhaïl Gorbatchev évoquaient pour la première fois la possibilité d'une option zéro, c'est-à-dire l'élimination des armes nucléaires. Un quart de siècle plus tard, cette possibilité est devenue une nécessité, car l'arme nucléaire est inutile et coûteuse et elle représente un danger mortel pour notre survie. Arme de destruction massive, la bombe a permis pendant plus de cinquante ans le maintien d'une certaine stabilité dans le monde et nous a sans doute évité une nouvelle guerre. Le maintien de cet équilibre aura vu se déployer une course absurde à la parité numérique entre les deux principaux partenaires de cette dialectique de la terreur. Près de 70 000 armes nucléaires de tous types ont été ainsi produites. Le nombre de ces armes a diminué et se situe autour de 25 000, ce qui représente encore une capacité suffisante pour détruire la planète.
Mais cette puissance dévastatrice est-elle toujours adaptée au monde que nous connaissons et celui-ci obéit-il aux mêmes règles stratégiques que celles de la guerre froide ? La mondialisation, l'émergence de nouveaux acteurs stratégiques, dessinent un nouveau paysage stratégique. Il faut se débarrasser des stéréotypes idéologiques de la guerre froide. Face aux menaces du XXIe siècle, la pertinence stratégique de la dissuasion nucléaire paraît bien affaiblie.Deux études américaines récentes réalisées par des instituts indépendants ont chiffré le coût des armements nucléaires dans le monde. Selon ces études, les neuf pays nucléaires dépenseront dans les dix prochaines années 1 000 milliards de dollars (714,8 milliards d'euros) pour leurs armements nucléaires. Les Etats-Unis dépensent de 34 à 61 milliards de dollars par an, la France de 4,7 à 6 milliards de dollars suivant que l'on considère les coûts directs ou indirects. Le chiffre français officiel est de 3,5 milliards par an. De plus, ces études ne prennent pas en compte toutes les dépenses de renouvellement des armements. Comment va-t-on financer les dizaines de milliards d'euros nécessaires ?
Certes, on ne peut que saluer l'excellence technologique et industrielle à laquelle la France est parvenue, seule, et qui nous donne une place dominante dans le nucléaire et dans les secteurs industriels connexes. Certes, nous devons saluer l'efficacité, le dévouement, le courage des équipages de sous-marins nucléaires lance-engins et de bombardiers stratégiques. Mais on ne doit pas se laisser prendre au piège dans un système qui se referme sur lui-même face au monde extérieur.
Enfin, cette arme est devenue trop dangereuse pour la planète. Dangereuse, elle l'a toujours été, mais dans un monde partagé en deux blocs où deux joueurs se sont affrontés de façon plutôt rationnelle. L'efficacité de ce système a été fondée sur un petit nombre d'acteurs. Mais, dans un monde ouvert où l'apparition de nouveaux acteurs stratégiques rend les règles du jeu plus complexes et fugaces, l'arme nucléaire, après avoir joué un rôle de stabilité, devient une source d'instabilité destructrice pour la planète.
Dangereuse, elle peut l'être par accident, comme l'ont montré plusieurs cas de déclenchement de tirs par erreur dans le passé ; par un attentat terroriste, compte tenu de la dissémination de matériaux sensibles et de la diffusion de technologies rustiques ; par la prolifération. Si la prolifération a été lente puisqu'on est passé de cinq pays dotés à neuf pays nucléaires, l'apparition de nouveaux acteurs, si l'on ne fait rien, conduira, pour des raisons de sécurité, ces pays à se doter d'un armement nucléaire au titre du pouvoir égalisateur de l'atome.
Il y a donc un danger à voir l'arme nucléaire se répandre et on ne peut exclure qu'elle tombe entre les mains d'acteurs non pas irrationnels mais obéissant à leur propre rationalité. Le danger est non seulement celui de la prolifération, mais il est aussi lié à la banalisation de l'arme et cela est vrai dans le cas de la France. En effet, la doctrine, ou plutôt le dogme de la dissuasion française, a été et reste encore celui du non-emploi du nucléaire. Pour répondre à la nouvelle situation stratégique, la doctrine est ainsi passée de la dissuasion "du faible au fort" à celle "du fort au faible ou au fou". Or, comme le dit le politologue Pierre Hassner, la notion de dissuasion du fort au faible conduit à une logique d'emploi et même d'emploi en premier.
Personne ne peut dire alors quelle serait la réaction en chaîne provoquée par l'utilisation de l'arme nucléaire. Compte tenu du nombre d'armes accumulées et de leur dispersion, c'est la perspective de la destruction partielle ou totale de la planète. Pour ces raisons, il n'y a pas d'autre solution que d'éliminer ces armes. Toutes les négociations sur la diminution, sur le déploiement et la mise en alerte de ces armes sont nécessaires, mais elles ne seront effectives que dans la perspective d'un objectif d'élimination complète. Après tout, cela ne serait que la mise en oeuvre de l'article VI du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires.
La France est opposée à cet objectif. Elle est de ce fait isolée dans le contexte international et européen. De plus, cette crispation stérilise la pensée stratégique française. A l'abri d'une nouvelle ligne Maginot, le fameux consensus français fait de l'arme l'horizon indépassable de notre sécurité. Au moment où doit s'engager une réflexion sur notre système de sécurité, il est temps d'ouvrir le débat en acceptant de ne plus avoir de tabous et en particulier que l'arme nucléaire n'est plus l'alpha et l'oméga de notre sécurité et que notre assurance-vie peut devenir notre assurance-décès.
En 1986, le sommet soviéto-américain de Reykjavik entre Mikhaïl Gorbatchev et Ronald Reagan aboutit au traité de Washington sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI), qui a pour but d'éliminer à l'échelle mondiale ce type de missiles.
par Bernard Norlain, général de l'armée de l'air, 2e section
| 28.10.11
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